Il y a des moments dans une vie professionnelle où le problème n’est plus le poste, ni même l’entreprise.
Quelque chose de plus profond se joue.
Quand on devient maman, ce décalage devient souvent impossible à ignorer.
Les horaires figés.
La fatigue accumulée.
La sensation de devoir constamment se couper en deux : être performante au travail et pleinement présente à la maison.
Ce n’est pas forcément un rejet du salariat.
C’est souvent une perte d’ajustement.
Alors une question commence à émerger, parfois timidement, parfois avec urgence :
Et si je pouvais travailler autrement ?
Chez beaucoup de femmes, l’entrepreneuriat arrive après un long silence intérieur.
Une fatigue que l’on rationalise.
Un inconfort que l’on minimise.
Une intuition que l’on repousse.
Ce n’est pas toujours un rêve d’indépendance ou une ambition démesurée.
C’est parfois simplement l’envie de respirer autrement.
Pouvoir adapter son rythme.
Ne plus se sentir enfermée dans un cadre rigide.
Avoir le sentiment que sa vie professionnelle respecte enfin sa vie personnelle.
L’entrepreneuriat apparaît alors comme une promesse.
Mais une promesse qui mérite d’être regardée sans filtre.
C’est souvent l’un des premiers arguments avancés.
Et l’un des plus trompeurs.
Entreprendre ne donne pas automatiquement plus de temps.
Surtout au début.
Les premières années sont souvent intenses. Chargées. Floues.
Il faut tout construire : son activité, sa posture, son cadre, sa légitimité.
Il faut décider, ajuster, apprendre, parfois échouer.
La vraie différence avec le salariat n’est pas la quantité de temps disponible.
C’est la liberté de choix dans la manière de l’utiliser.
Et cette liberté a un prix : celui de la responsabilité.
Entreprendre quand on est maman, c’est reprendre la main sur beaucoup de choses.
Mais c’est aussi accepter de ne plus avoir de cadre extérieur pour nous porter.
Plus d’horaires imposés.
Plus de structure prédéfinie.
Plus de validation automatique.
Cela demande une grande rigueur personnelle, une capacité à s’organiser seule, à poser ses propres limites, à structurer son temps.
Et tout le monde n’y trouve pas de la sécurité.
Certaines femmes s’épanouissent dans cette autonomie.
D’autres se sentent rapidement dépassées, isolées, en surcharge.
Et là encore, il n’y a rien à juger.
Ce n’est pas une question de compétence.
C’est une question de fonctionnement personnel.
Et surtout : il n’est pas fait pour toutes les périodes de vie.
Quand on traverse une maternité intense, un épuisement, une fragilité émotionnelle ou financière, entreprendre peut parfois ajouter une pression supplémentaire au lieu d’en enlever.
Reconnaître cela demande du courage.
Parce que l’entrepreneuriat est souvent présenté comme une réussite en soi.
Mais refuser un modèle qui ne nous convient pas, ce n’est pas échouer.
C’est faire preuve de lucidité.
Parfois, la meilleure décision n’est pas de quitter le salariat, mais de le transformer.
Aménager son temps.
Changer d’environnement.
Réinventer son poste.
Le vrai objectif n’est pas d’entreprendre à tout prix.
C’est de trouver un mode de travail soutenable.
La question centrale n’est jamais :
« Salariat ou entrepreneuriat ? »
Mais plutôt :
« De quoi ai-je besoin aujourd’hui pour aller bien, durablement ? »
Ton niveau d’énergie.
Ta situation familiale.
Ton besoin de sécurité.
Ton rapport au risque.
Ton entourage.
L’entrepreneuriat peut être une évidence à un moment donné.
Une option plus tardive.
Ou simplement… pas le bon chemin pour toi.
Et toutes ces réponses sont légitimes.
Lorsqu’il est choisi en conscience, structuré, accompagné, l’entrepreneuriat peut devenir un espace de transformation profonde.
Il peut permettre :
– de créer un cadre de travail respectueux de ta réalité
– de redonner du sens à ton activité
– de mieux respecter ton énergie
– d’aligner davantage vie professionnelle et vie personnelle
Mais cela suppose de sortir des discours idéalisés pour entrer dans une démarche progressive, réaliste et ajustable.
Entreprendre ne signifie pas forcément tout quitter brutalement.
Il existe mille façons de tester, d’explorer, de construire sans se mettre en danger.
Et quand on est maman, avancer par étapes n’est pas un manque d’audace.
C’est une stratégie de long terme.
C’est se donner le droit d’apprendre.
De réajuster.
De changer de cap.
Beaucoup de femmes se mettent une pression énorme pour “choisir”.
Comme s’il fallait trancher rapidement.
Comme si le doute était un échec.
Or, le temps de clarification est souvent le plus précieux.
C’est lui qui permet ensuite des décisions plus solides, plus alignées, plus sereines.
Tu as le droit d’être dans l’entre-deux.
Tu as le droit d’explorer sans conclure.
Tu as le droit de changer d’avis.
Faut-il être sûre à 100 % pour se lancer ?
Non. Mais il est essentiel d’avoir clarifié ses motivations, ses contraintes et ses besoins.
L’entrepreneuriat permet-il vraiment un meilleur équilibre ?
Il peut, s’il est structuré et aligné avec la réalité personnelle et familiale.
Est-ce risqué financièrement quand on est maman ?
Oui, d’où l’importance d’anticiper, de sécuriser et d’avancer progressivement.
Et si je réalise que ce n’est pas pour moi ?
Ce n’est pas un échec. C’est une information précieuse pour la suite de ton parcours.
Moi, c’est Tatiana.
Ancienne infirmière, aujourd’hui formatrice et consultante en développement des compétences, j’accompagne les personnes en questionnement professionnel à remettre de la clarté, de la confiance et du sens dans leur parcours.
J’ai une attention particulière pour les femmes, les mamans et les profils atypiques, mais j’accompagne toute personne qui traverse une période de transition ou de réflexion professionnelle
J’écris ici parce que je crois profondément que le développement professionnel ne se résume pas à des stratégies ou des performances, mais à des parcours de vie, des compétences parfois invisibles et des choix à poser avec conscience.