On parle souvent de l’importance d’un bon recrutement : rédiger une annonce attractive, choisir les bons canaux, sélectionner les bon·nes candidat·es.
Mais ce que j’ai observé au fil de mes expériences, c’est que le recrutement ne s’arrête pas à la signature du contrat.
Les 6 à 8 premiers mois d’un·e salarié·e dans une nouvelle entreprise sont tout aussi déterminants. C’est durant cette période que se joue l’engagement, la montée en compétences… ou le départ.
Quelques chiffres parlent d’eux-mêmes :
• 1 salarié·e sur 3 a déjà quitté un poste avant la fin de sa période d’essai en raison d’un onboarding insuffisant (Workelo / Ipsos, 2024)
• 36 % des salarié·es continuent à consulter des offres d’emploi pendant leur intégration • 41 % des cadres ont déjà rompu une période d’essai
Autrement dit : recruter ne suffit pas. Il faut intégrer.
Et c’est précisément là que l’onboarding devient un levier stratégique.
L’onboarding : bien plus qu’un simple accueil
On réduit souvent l’onboarding à un welcome pack et un petit déjeuner d’accueil. C’est agréable, bien sûr. Mais ce n’est pas ce qui fait rester une personne. Ce que j’ai constaté, c’est que ce qui fait la différence, c’est :
• Se sentir attendu·e
• Se sentir accompagné·e
• Comprendre son rôle
• Savoir vers qui se tourner
• Et surtout, se sentir légitime et utile
Un bon onboarding commence avant le premier jour… et se poursuit pendant plusieurs mois. Ce n’est pas un événement. C’est un processus.
Étape 1 : le pré-onboarding — une phase clé que j’ai appris à ne plus négliger Le pré-onboarding correspond à la période entre la signature du contrat et le premier jour.
C’est une phase que j’ai vu trop souvent sous-estimée. Pourtant, c’est une période à risque : plus le délai est long, plus le risque de désistement augmente.
Lorsque j’ai commencé à structurer cette phase, j’ai constaté une différence nette dans l’engagement des futur·es collaborateur·rices.
Concrètement, j’ai mis en place :
Maintenir le lien
• Envoyer un message de bienvenue personnalisé
• Partager des actualités de l’entreprise
• Rappeler que l’équipe a hâte de collaborer
Sans surcharger, mais en maintenant une présence.
Clarifier les aspects pratiques
• Confirmer le jour et l’horaire d’arrivée
• Préparer le matériel en amont
• Laisser la personne exprimer ses préférences (ordinateur, organisation, etc.) • Envoyer le planning de la première semaine
Cela permet de réduire fortement le stress lié à l’arrivée.
Créer un premier lien avec l’équipe
J’ai notamment testé :
• L’ajout à un canal d’équipe dédié
• Un message de présentation
• Ou un premier échange informel
Cela permet à la personne de ne plus arriver “dans l’inconnu”.
Résultat : la personne arrive déjà plus sereine, plus engagée, et plus confiante.
Étape 2 : le premier jour — un moment fondateur
Le premier jour laisse une empreinte durable.
J’ai rapidement compris que ce jour devait être préparé avec intention.
J’ai mis en place plusieurs actions simples mais très impactantes :
• prévenir les équipes en amont
• préparer le matériel et les accès
• désigner un·e référent·e volontaire
• prévoir un temps d’accueil structuré
• expliquer clairement la semaine à venir
Un point que j’ai vu faire toute la différence : s’assurer que la personne ne se retrouve pas seule le midi.
Cela peut paraître anodin, mais cela influence fortement le sentiment d’appartenance. À distance, j’ai également testé :
• un message de bienvenue collectif
• une présentation informelle
• ou une courte interview pour briser la glace
Ces petits éléments humanisent l’intégration.
Étape 3 : la première semaine — structurer sans surcharger
Dans une de mes expériences, j’ai participé à la mise en place d’un planning d’intégration structuré.
Chaque nouvel·le arrivant·e savait :
• Qui rencontrer
• Quand
• Pourquoi
Cela évitait les temps morts, mais aussi la surcharge.
L’objectif n’est pas de remplir l’agenda, mais de créer un parcours cohérent. À la fin de la première semaine, j’ai pris l’habitude de faire un point systématique : • Comment la personne se sent
• Ce qui est clair
• Ce qui ne l’est pas encore
• Ses premières impressions
Cela permet d’ajuster rapidement si nécessaire.
Étape 4 : les premiers mois — accompagner la montée en autonomie
L’onboarding ne s’arrête pas après la première semaine.
C’est une erreur fréquente.
Ce que j’ai mis en place progressivement :
Définir des objectifs progressifs
• Objectifs à 1 mois
• Objectifs à 3 mois
• Objectifs à 6 mois
Cela permet de donner de la visibilité et de renforcer la confiance.
Prévoir des points réguliers
Ces points permettent :
• De répondre aux questions
• D’ajuster les attentes
• De sécuriser la progression
Continuer la formation
Même après la phase initiale, certaines formations restent essentielles.
Cela accélère la montée en compétences.
Une pratique que j’ai trouvée particulièrement puissante : le rapport d’étonnement
J’ai mis en place des questionnaires ou rapports d’étonnement pour recueillir le regard des nouvel·les arrivant·es.
Leur regard est précieux, car il est encore neuf.
Cela permet d’identifier :
• Les points forts
• Les zones de flou
• Les axes d’amélioration
Et d’améliorer continuellement l’expérience collaborateur·rice.
Ce que j’ai retenu : l’onboarding est un investissement, pas un coût
Un onboarding structuré permet :
• D’augmenter l’engagement
• De réduire le turnover
• D’accélérer la montée en compétences
• Et de renforcer la culture d’entreprise
Mais surtout, il permet à chacun·e de trouver sa place.
Et c’est souvent ce qui fait toute la différence entre une personne qui reste… et une personne qui part.
BONUS — Idées concrètes supplémentaires que tu peux ajouter (très impactantes)
Tu peux intégrer certaines de ces pratiques que j’ai vu fonctionner :
Avant l’arrivée
• Envoyer une vidéo de bienvenue de l’équipe • Partager un guide interne simple
• Envoyer un message du manager
Premier mois
• Mettre en place un système de buddy • Prévoir un point RH à 1 mois
• Formaliser un parcours d’intégration 3 mois
• Entretien de validation d’intégration • Ajustement des objectifs
• Recueil de feedback structuré
Outils simples à mettre en place
• Checklist onboarding
• Planning standardisé
• Guide du nouvel·le arrivant·e
• Questionnaire d’intégration