La Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) est souvent présentée comme un
dispositif parmi d’autres dans l’écosystème de la formation professionnelle.
En réalité, elle occupe une place à part : c’est le seul mécanisme qui permet de
transformer l’expérience réelle en certification officielle, sans repasser par un
parcours de formation classique.
Dans un monde du travail marqué par la discontinuité des carrières, la montée en
puissance des compétences et l’allongement des parcours professionnels, la VAE
n’est plus un simple outil de reconnaissance.
Elle devient un levier stratégique de sécurisation des trajectoires.
La VAE : un droit individuel inscrit dans le Code du travail
La VAE est encadrée par les articles L6411-1 à L6412-1 du Code du travail.
Elle permet à toute personne, quels que soient son âge, son statut ou son niveau de
formation initiale, d’obtenir :
● un diplôme,
● un titre professionnel,
● ou une certification inscrite au RNCP,
à partir de son expérience.
Depuis la réforme, la condition d’accès est claire :
● avoir de l’expérience en lien direct avec la certification visée.
La VAE est donc un droit opposable, et non une faveur accordée au cas par cas.
Une idée encore trop répandue : la VAE serait réservée
aux parcours “classiques”
L’un des principaux freins à la VAE réside dans une représentation erronée du
dispositif.
Beaucoup de personnes pensent, à tort, que la VAE ne concerne que :
● les salariés en poste,
● les carrières linéaires,
● les parcours clairement identifiables.
Or, la loi est explicite : ce n’est pas le statut qui compte, mais l’expérience.
Ce que la VAE reconnaît réellement : l’expérience au
sens large
Sont pleinement recevables dans un parcours VAE :
● les expériences professionnelles salariées ou non salariées,
● le bénévolat associatif,
● l’aidance familiale,
● les responsabilités syndicales ou électives,
● certaines formes d’engagement citoyen ou social.
Dans un pays où l’on compte :
● plus de 9 millions d’aidants,
● près de 12 millions de bénévoles,
la VAE est l’un des rares dispositifs capables de rendre visibles et certifiables des
compétences souvent invisibilisées.
La VAE face aux mutations du travail
Les transformations actuelles du travail rendent la VAE plus pertinente que jamais.
Les carrières sont désormais :
● plus longues,
● plus fragmentées,
● plus hybrides.
Les compétences se construisent :
● dans l’emploi,
● mais aussi hors emploi,
● parfois en marge des cadres formels.
Dans ce contexte, la VAE permet de :
● consolider un parcours,
● sécuriser une transition professionnelle,
● appuyer une reconversion,
● légitimer une évolution de poste,
● restaurer une reconnaissance parfois perdue.
Elle répond à un besoin fondamental : faire correspondre les compétences
réelles avec une reconnaissance officielle.
Quelques chiffres pour mesurer l’enjeu
Selon les données de France Compétences :
● environ 25 000 parcours VAE aboutissent chaque année,
● près de 60 % des candidats obtiennent une validation totale,
● plus de 80 % des bénéficiaires déclarent un impact positif sur leur
trajectoire professionnelle.
Ces chiffres montrent une efficacité réelle, mais aussi un paradoxe :
Le volume de VAE reste très faible au regard des millions de parcours
potentiellement concernés.
Pourquoi la VAE reste sous-utilisée
Les raisons sont connues :
● une procédure perçue comme complexe,
● un vocabulaire institutionnel peu accessible,
● un sentiment d’isolement des candidats,
● une confusion entre VAE et reprise d’études.
Dans les faits, la principale difficulté n’est pas administrative.
Elle est méthodologique et stratégique.
La VAE n’est pas un récit, c’est une démonstration
Le jury VAE n’évalue ni la motivation, ni la trajectoire personnelle.
Il évalue la preuve de compétences.
Cela suppose de savoir :
● analyser finement son activité,
● prendre du recul sur ses pratiques,
● formaliser des compétences attendues,
● les relier précisément au référentiel de certification.
C’est là que de nombreux candidats échouent : non par manque de compétences,
mais par absence de structuration et de traduction.
La réforme de la VAE - France VAE : simplifier sans dénaturer
La réforme portée par le Ministère du Travail vise à :
● simplifier les parcours,
● réduire les délais,
● renforcer l’accompagnement,
● centraliser les démarches via une plateforme nationale.
Cette réforme va dans le bon sens.
Mais elle ne supprime pas l’exigence fondamentale de la VAE : la qualité de
l’analyse de l’expérience.
Aucune plateforme ne remplacera :
● la compréhension fine d’un référentiel,
● la capacité à démontrer une compétence,
● le travail de mise en cohérence du parcours.
La VAE comme outil stratégique pour les entreprises
La VAE n’est pas seulement un levier individuel.
Pour les entreprises, elle permet de :
● sécuriser les parcours internes,
● reconnaître les compétences réelles,
● fidéliser les collaborateurs,
● accompagner des évolutions sans immobiliser,
● structurer la gestion des compétences.
Dans un contexte de pénurie de talents, elle devient un outil de gestion
prévisionnelle des compétences à forte valeur ajoutée.
Accompagner la VAE : une condition de réussite
Les données le confirment : les parcours VAE accompagnés présentent :
● des taux de validation plus élevés,
● moins d’abandons,
● une meilleure adéquation entre certification et projet professionnel.
L’accompagnement ne consiste pas à “aider à écrire”.
Il consiste à :
● clarifier la stratégie de certification,
● sécuriser la faisabilité,
● structurer la démonstration de compétences,
● préparer le jury,
● donner du sens au parcours.
Mon approche de l’accompagnement VAE
J’accompagne la VAE comme un projet de sécurisation de parcours, pas comme
une formalité administrative.
Mon intervention vise à :
● analyser la cohérence entre expérience, certification et projet,
● rendre visibles les compétences acquises, y compris hors emploi,
● structurer un dossier conforme et stratégique,
● maximiser les chances de validation totale.
Parce qu’une VAE réussie n’est pas un aboutissement.
C’est un point d’appui pour la suite du parcours professionnel.
FAQ – Validation des Acquis de l’Expérience
La VAE est-elle réservée aux salariés ?
Non. Toute expérience, professionnelle ou extra-professionnelle, peut être prise en
compte si elle est en lien avec la certification visée.
Peut-on faire une VAE avec du bénévolat ou de l’aidance ?
Oui. Ces expériences sont explicitement reconnues par la loi.
La VAE est-elle adaptée à une reconversion ?
Oui, si l’expérience acquise permet de démontrer des compétences transférables
vers la certification ciblée.
Pourquoi se faire accompagner en VAE ?
Parce que la difficulté principale réside dans la démonstration des compétences, pas dans leur existence.